Loi de Bioéthique : s'informer, discerner, s'engager

Publié par md dans Formations et Conférences
Le projet de loi bioéthique, qui a été adopté en Commission dans la nuit du 13 au 14 septembre après examen de plus de 2000 amendements, sera soumis à l'examen des députés à partir du 24 septembre. 
Il est nécessaire que chacun s'approprie les enjeux de ce texte qui contient des dispositions lourdes de conséquences pour tous, et qui entraîne un effondrement des digues éthiques que prétendaient poser les lois précédentes, en instaurant de graves injustices.
- La mesure phare et la plus médiatisée est l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, abandonnant le critère d'infertilité médicale. Cette mesure revient à concevoir délibérément des enfants privés de père et de la moitié de leur histoire généalogique, et bouleverse de surcroît tout le droit de la filiation (mention de "mère et mère" à l'état civil, niant la réalité biologique). La PMA serait de plus remboursée par la sécurité sociale, détournée au profit de personnes qui ne souffrent d’aucune pathologie, alors que l’État dérembourse des médicaments et qu’un Français sur trois renonce à se soigner pour des raisons financières.
La GPA, gestation par autrui, est d'ores et déjà revendiquée par certains comme suite logique du "droit à l'enfant" ouvert par cette PMA sans infertilité médicale.
- La pénurie de gamètes prévisible risque d'ouvrir la voie à la marchandisation des produits du corps humain (indemnisation des donneurs), de même que l'auto-conservation des ovocytes (pour procréer plus tard par PMA), autorisée dans des établissements privés (à but lucratif).
Cependant d'autres mesures de dérégulation moins connues sont également contenues dans ce projet de loi :
- l'embryon humain perd ses dernières protections ; il pourra être cultivé et faire l'objet de recherche sur simple déclaration préalable jusqu’à 14 jours.
- deux interdits sont levés : la création d'embryons transgéniques, et la création d'embryons chimères, mêlant cellules humaines et animales.
- porte ouverte à la fabrication de gamètes artificiels.
Enfin on ouvre la voie à un eugénisme accru, avec la possibilité de nouveaux critères de sélection génétique pour le diagnostic prénatal, et l'élargissement du diagnostic pré-implantatoire en cas de FIV (fécondation in-vitro), encourageant le fantasme du bébé "zéro défaut".
Les évêques de France ont tenu à exprimer clairement leur opposition à ce projet porté par le gouvernement.
Mgr Aupetit dénonce aussi la libéralisation de la recherche qui utilise (et donc détruit) des embryons
Voir à ce propos l'article du "padreblog", qui apparait intéressant et équilibré :
 
Sous quelles formes se mobiliser ?
Notre évêque, l’évêque de Versailles, Monseigneur Éric Aumonier nous transmet ce texte : declaration-mgr-aumonier_revision_loi_bioethique-19_sept_2019.pdf 
Il souligne que c’est justement la liberté et la responsabilité des laïcs de discerner les différentes formes adéquates et efficaces que peut prendre cette mobilisation :

« Il ne me revient pas de définir la forme que cet engagement doit prendre. Cela appartient au discernement personnel. C’est justement la responsabilité́ et la liberté́ de chacun, comme chrétien et comme citoyen, d’inventer les façons concrètes les plus justes de promouvoir ce bien commun et de le défendre ». 

Nous sommes invités à nous regrouper pour manifester notre opposition à ce projet de loi  :

Une marche nationale unitaire contre le projet de loi bioéthique est organisée par 20 associations le dimanche 06 octobre à Paris sous le Label "Marchons enfants !"
 
Vous pouvez aussi écrire à votre député ; pour ce faire , ce lien vous aidera :
 
Pour en savoir plus :
Voici le lien vers la soirée aux Bernardins sur les positions de la CEF : https://youtu.be/toxGW6eWXMA.
Le décodeur bioéthique d'Alliance VITA https://www.alliancevita.org/2019/09/decodeur-loibioethique2019/
Les chiffres à avoir en tête lorsqu'on parle de PMA : https://fr.aleteia.org/2019/09/23/les-chiffres-a-avoir-en-tete-quand-on-...
Enfin, voici le projet de loi amendé si vous souhaitez le lire :