Notre pèlerinage paroissial à Lourdes (récit)

Publié par Christine dans Retraites et Pélerinages

 

1) Le récit du pèlerinage

 

Lourdes ! Lourdes ! Nous y voilà enfin après un long voyage en car pour les pèlerins, en train pour les hospitaliers. La chaîne des Pyrénées enneigées tourne déjà nos cœurs vers le Créateur de tant de beauté !

Le temps de nous installer dans nos hôtels respectifs, et c’est déjà l’heure de la première messe, dans la basilique souterraine St Pie X où nous confions notre pèlerinage à ND de Lourdes.

« Allez dire aux prêtres qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession »,( Paroles de la Ste Vierge à Ste Bernadettte)

Mardi, nous avons commencé la journée par la messe à la Grotte, depuis l’autre côté du Gave car il y avait foule. Beaucoup d’émotion, tant pour ceux qui viennent ici pour la première fois que pour ceux y reviennent… Ensuite nous irons passer dans la Grotte, touchant le rocher avec foi, demandant progrès ou guérison…Après quoi, nous nous réunirons, au nombre d'un millier environ, sur les marches de la basilique de ND du St Rosaire pour la traditiionnelle photo de tous les pèlerins du diocèse, autour de leurs deux évêques !

L’après-midi, visite du Sanctuaire et de ses quatre églises, de la plus petite et la plus ancienne : la crypte, jusqu’à la plus récente et la plus vaste : St Pie X, construite sous terre (25 000 places) en passant par la basilique de l’Immaculée Conception et celle de Notre Dame du Rosaire.

Puis nous avons suivi la Procession Eucharistique qui commence sur la prairie du Sanctuaire et se termine à la basilique Saint-Pie X, par un temps de prière et d’adoration du Saint-Sacrement, avec des chants magnifiques, suivi de la bénédiction des pèlerins, au premier rang desquels les malades.

« Pénitence, pénitence, pénitence » 

Ce simple mot, parfois mal compris, peut effrayer. Pourtant, le pèlerinage est souvent l’occasion de retrouver le chemin du confessionnal et d’avoir recours au sacrement de pénitence – la confession, pour replacer l’essentiel au cœur de nos vies et revenir à la source de tout bien : le Christ.

Ce même jour ou plus tard,  confession donc pour quelques-uns.

« Venez boire à la fontaine et vous y laver ! »

Ces paroles de la Vierge Marie à Bernadette, lors d’une apparition, ont inspiré, près de la Grotte, la création de bains (les piscines) dans lesquels les pèlerins sont immergés. Quelques-uns d’entre nous iront faire cette démarche pour obéir à la demande de Notre Dame. C’est humiliant, glacial, pénitent. Mais dans cette attitude de contrition, sans doute pouvons-nous demander beaucoup à Notre Père du Ciel, par l’intercession de la Vierge Immaculée qui s’attendrit de nous voir nous faire violence pour lui obéir.

Aux fontaines du Sanctuaire, alimentées par l’eau de la source qui a jailli dans la Grotte, nous répondons aussi à la demande de la Vierge Marie, en allant boire de cette eau et remplir les bouteilles que nous rapporterons à nos malades.

Et le soir, malgré la journée bien remplie, nous nous retrouvons au salon de l’hôtel, pour un petit verre partagé, avec notre Père JB qui se dépense sans compter, pour visiter toutes ses brebis (égarées ?) disséminées entre différents hôtels. Nous avons la chance de faire ce pèlerinage avec lui et beaucoup d’autres pèlerins du diocèse nous envient d’avoir notre curé avec nous. C’est vrai que ça change tout ! Et nous l’en remercions beaucoup.

Mercredi matin, c’est la messe internationale qui nous réunit une fois de plus dans la basilique souterraine. L’organisation laisse admiratif ! Faire entrer plus de 20 000 personnes et commencer la messe pile à l’heure ! Quel prodige et quel exemple !!! Nous sommes mêlés à cette foule priante et recueillie. C’est l’Esprit Saint qui nous rassemble, gens de toutes langues et toutes nations, comme d’une seule paroisse !

Comme c’est impressionnant de voir entrer en procession des dizaines et des dizaines de prêtres, diacres et séminaristes, tous en aube blanche, suivis de 13 évêques, avec mitre et crosse !

A la nuit tombante, nous participons à la Procession mariale aux flambeaux. Mais ceux-ci resteront éteints, à cause du vent, malgré nos nombreuses tentatives pour les allumer ! Les « Je vous salue, Marie » se succèdent, dans toutes les langues. Et la foule suit la statue éclairée de ND de Lourdes portée sur un brancard. Puis un très bel Ave Maria de Schubert, vibrant d’émotion, s’élève dans la nuit.

« Je ne vous promets pas de vous faire heureuse en ce monde, mais en l’autre. »

Jeudi, c’est la messe et l’Onction des malades, toujours à St Pie X.

C’est une cérémonie très émouvante. Nous y prions avec et pour nos frères malades, avec et pour ceux qui sont éprouvés, endeuillés, pour les entourer, pour que la souffrance n’étouffe pas, en eux, l’Espérance. Monseigneur Bruno Valentin fait une très belle homélie sur la maladie.

Nous prions aussi pour les Hospitaliers, qui donnent leur temps, leur patience, leur sourire, leur énergie, parfois jusqu’à l’épuisement, pour accompagner et aider les personnes malades.

L’après-midi, notre Père Jacques-Bertrand nous entraîne sur la colline des Espélugues pour faire le Chemin de Croix. Le Vendredi saint est encore tout proche dans nos mémoires, c’était il y a 6 jours ! Nous méditons la Passion de Notre Seigneur devant ces statues de bronze monumentales mais très expressives, suivant le chemin qui serpente de station en station, à travers les arbres et les roches, nous laissant découvrir au passage, une vue magnifique sur les Pyrénées.

Le soir, les plus courageux, iront voir en avant-première « le spectacle récital Bernadette » qui sera donné à Lourdes à partir du mois de juillet, avant de partir pour une tournée internationale.

Vendredi     

Et voici déjà le dernier jour de notre pèlerinage arrivé… Nous nous retrouvons cette fois-ci dans l’église Ste Bernadette pour la messe diocésaine qui sera suivie de l’engagement des hospitaliers. C’est le moment de rendre grâce pour tous les beaux moments que nous avons vécus pendant cette semaine, le moment de relire notre pèlerinage et faire mémoire des bénédictions de Dieu, reçues pendant notre séjour. Nous les partagerons l’après-midi au cours d’un temps de témoignages très émouvants.

Nous assistons aux Vêpres, que certains ont assidûment chantées tous les jours !  D’autres, ou les mêmes, sont allés aux Laudes tous les matins ou à la Lectio divina, ou prier dans le plus grand recueillement à la Chapelle de l’Adoration ou dire le chapelet à la Grotte. A Lourdes, on a le temps de prier et de bien des façons !

Samedi

Et maintenant, il faut quitter l’hôtel où nous étions très bien logés, quitter les connaissances que nous avons faites, quitter ces rues que nous avons parcourues d’innombrables fois, avec ses commerces qui proposent des objets de piété au goût parfois douteux, certes, et qui en ont scandalisé certains…

Mais on ne reçoit, à Lourdes, qu’autant qu’on est venu y chercher. Nul ne voit qui n’a demandé à voir, nul n’entend, ne marche ou ne connaît le pardon que dans la mesure où l’âme s’y est disposée.

Mais surtout il faut quitter Lourdes et sa Grotte, ressentant un peu de ce que Bernadette a pu ressentir en quittant pour Nevers, cet endroit béni où elle avait vu la Vierge…et qu’elle appelait « son ciel »

Et dans le car du retour, défilent les images de ces jours qui ont passé trop vite. On revoit cette foule heureuse malgré ses peines, confiante dans ses détresses, fervente lors des messes solennelles ou de la Procession Eucharistique, émue près des malades côtoyés chaque jour… Alors, on se rappelle les larmes versées peut-être, et on en cherche la cause.

C’est probablement qu’on ne peut voir de si près le divin, ni toucher le mystère céleste sans que l’âme n’en soit profondément bouleversée.

Comprendra qui l’aura ressenti…